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Le Brésil vu par Stefan Zweig

dans "Brésil, terre d'avenir"

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Le Brésil au 16e siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Esclaves extrayants les diamants dans le Minas, 1812

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lettre de Stefan Zweig

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Plan de Rio

1780

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1940, fuyant le désastre de l'Europe, l'auteur du joueur d'échecs s'installe au Brésil, découvert quelques années plus tôt. Très vite, ce pays va le fasciner. Par sa beauté et son immensité, certes; mais aussi et surtout par la vitalité avec laquelle il lui semble inventer une nouvelle forme de civilisation.
Indiens, Portugais descendants des conquérants, Noirs issus de l'esclavage, Italiens ou Allemands d'immigration récente : à Rio, à Bahia ou à Sâo Paulo, l'écrivain autrichien s'enthousiasme de voir comment des citoyens de toutes races, de toutes confessions, loin de s'ancrer dans l'identitarisme, entreprennent ensemble de construire un pays neuf, qui, malgré sa puissance, ne vise à exercer aucun impérialisme.

Idéalise-t-il ce pays ? Peut-être. Mais c'est parce qu'il y trouve des raisons d'espérer. La clairvoyance de ses notations, l'actualité des thèmes et des questions qu'il traite ont fasciné la critique lors de la réédition du livre, initialement publié en 1941.

(4ème de couverture de l'édition 2002 chez LgF ISBN : 225315198X

 

Extraits

Voici quelques extraits qui m'ont semblés intéressants et surtout...proche de ce que je pense et ressens sur le Brésil. Quand les mots des autres (et quels "autres") sont plus forts que nos propres mots, mieux vaut les citer !

« On est confondu, dès l’abord, par une telle luxuriance. Tout est véhément, le soleil, la lumière, les couleurs. Le bleu du ciel vibre ici plus fortement, le vert est profond et saturé, la terre rouge et grasse ; nul peintre ne peut trouver sur sa palette des couleurs plus éblouissantes, plus chatoyantes que celles du plumage des oiseaux ou des ailes des papillons. La nature est toujours ici au superlatif ; les orages qui déchirent le ciel du grondement de leurs élairs, les pluies qui tombent en torrents, la végétation qui en quelques mois couvre la terre de déserts verts. Mais la terre elle-même, depuis de long siècles inviolée et pas encore poussée à produire au maximum, répond ici avec une force presque incroyable à la moindre sollicitation. »

 

A propos des Brésiliens (Sublime et tellement vrai, même 60 ans plus tard !!!)

« Semblables aux cailloux roulés par le torrent qui sont d’autant plus lisses qu’ils se sont longtemps frottés les uns aux autres, ces millions d’hommes ont vu, par le mélange permanent et la vie commune, s’effacer jusqu’à devenir invisible l’arête aiguë de leur particularisme originaire, en même temps que grandissait ce qui leur est commun et semblable. »

Ma façon personnelle (et modeste) de reprendre les propos de Stefan Zweig :
"Semblables aux cailloux roulés par le torrent qui sont d’autant plus lisses qu’ils se sont longtemps frottés les uns aux autres, ces millions d’hommes ont vu, par le mélange permanent et la vie commune, s’effacer jusqu’à devenir invisible l’arête aiguë de leur agressivité en même temps que grandissait leur amabilité."

« Le type pesant, massif, de haute taille, à la puissante ossature, fait à peu près complètement défaut au Brésil, comme fait défaut, au moral, toute brutalité, toute violence, tout ce qui est véhément et bruyant, tout ce qui est prétencieux et arrogant. Quelle sensation bienfaisante on éprouve en constatant ce fait, mille fois grossi dans une nation ! Le Brésilien est un être silencieux, rêveur et sentimental, souvent même avec une légère teinte de mélancolie... »

« Ici, faire du bruit, crier, être en fureur, danser sauvagement est une envie tellement contraire aux habitudes, qu’elle est réservée, comme soupape de sûreté, pour tous les instincts refoulés, aux quatre jours de carnaval. »

« On n’a jamais, ici, entendu parler de cruauté envers les animaux, de courses de taureaux ou de combats de coqs, jamais, même aux jours les plus sombres, l’Inquisition n’a offert d’autodafés à la foule ; tout ce qui est brutal répugne au Brésilien. »

« Pour moi, c’est cette délicatesse du sentiment, cette absence totale de véhémence qui constitue la particularité essentielle du peuple brésilien. Les hommes de ce pays n’ont pas besoin de tensions violentes et fortes, de succès visibles et profitables pour être satisfaits. »

 

A propos de la conquête de l’or du Minas

« Mais c’est une mauvaise fièvre, comme toujours, la fièvre de l’or. Elle excite les nerfs, elle chauffe le sang, elle fait les yeux avides et les sens troublés. Bientôt, ce sont les batailles exaspérées. (...) D’un coup de couteau, on s’empare de ce qu’un autre a péniblemen ramassé, et le comique se mêle grotesquement au tragique. Des hommes qui, hier encore, étaient des mendiants, se pavanent en habits pompeux et ridicules ; des déserteurs et des portefaix perdent des fortunes au jeu de dé. »
« Trompeur comme toujours, l’or a promis du bonheur, mais n’a pu en donner »

 

A propos de la conquête du caoutchouc

« Le travail du seringueiro est terrible ; campé dans de misérables huttes, éloigné de toute humanité civilisée, il lui faut d’abord, de la hache et du couteau, se frayer un chemin à travers la brousse jusqu’aux arbres qu’il doit marquer et vider ; faire le trajet plusieurs fois par jour dans une chaleur torride, assurer, en temps utiles, la cuisson de la sève de caoutchouc ; et, brisé, grolottant de fièvre, il est, après des mois de travail, débiteur de son propre entrepreneur qui, dans ses calculs frauduleux, lui réclame le prix de son voyage et lui vend ses vivres à des prix d’usure. Essaie-t-il, par la fuite, d’échapper à son « contrat de travail » -c’est de cette appellation qu’on décore cet esclavage– il est bien vite chassé et rattrapé par les gardes armés, et, c’est dans les chaînes qu’il continue à peiner. »

« Tout le monde vend du caoutchouc, spécule sur le caourchouc, et, tandis que les arbres saignent et que les « seringueiros » meurent dans leur « verte prison » par centaine et par milliers, toute une génération, dans la région de l’Amazone, s’enrichit avec l’or fluide, comme ses ancêtres s’étaient autrefois enrichis, dans la région de Minas Geraes, avec les mines d’or. »

 

A propos de l'immensité du pays

« Après de longues années d’incertitude et de timidité, le pays a appris à penser dans les dimensions de sa propre grandeur et à compter sur ses possibilités comme sur une réalité saisissable et toute proche. Il s’est apperçu que l’espace est une force qui engendre des forces ; que ce n’est ni l’or, ni le capital en réserve qui constituent la richesse d’un pays, mais sa terre et le travail qui peut être fait sur cette terre. Mais qui donc possède plus de terre inutilisée, inhabitée, inexploitée que cet empire qui est aussi vaste à lui tout seul que tout le vieux continent ? Et l’espace, ce n’est pas seulement de la matière, c’est aussi de la force matérielle. L’espace élargit l’âme et le regard, il donne à l’homme qu’il entoure et qui l’habite courage et confiance pour se lancer en avant ; où il y a de l’espace, il n’y a pas seulement le temps, mais aussi l’avenir. Et l’homme qui vit dans ce pays sent au-dessus de lui le battement puissant de ses ailes. »

 

A propos des favellas (Décallé : le livre est sorti en 1941)


« Parfois, quand je me glissais dans les « favellas », ces magnifiques et pitoresques cabanes de nègres qui sont placées comme de tremblants nids d’oiseaux sur le rocher au milieu de la ville, je n’avais pas la conscience tranquille et j’avais de mauvais présentiments. Car après tout, je venais en curieux pour regarder les habitudes de vie au degrè le plus bas, et pour observer des gens à l’état primitif, dans leurs cabanes d’argile ou de bambou, ouvertes et sans protection ; au début, je m’attendais, comme cela me serait arrivé dans un quartier ouvrier prolétarien d’Europe, à être gratifié de quelque injure ou de quelque mauvais regard. Mais c’était le contraire ici : pour ces êtres sans méchanceté, un étranger qui se donne la peine de venir dans ce quartier perdu est le bienvenu et presque un ami. »

 

A propos de Rio

“Enfin se dessine à l'horizon une chaîne de montagnes comme une nuée, entraînant toute la baie de Guanabara... elle ressemble à un coquillage géant qu'on a brisé et dont les perles ont été jetées pêle-mêle sur la mer, chaque île différente de forme et de contenu... Après avoir glissé entre le labyrinthe des îles on aperçoit enfin la ville. Pas tout à coup comme à Naples, Alger ou Marseille... Rio effeuille comme un éventail, une image après l'autre, une vue après l'autre, et c'est ce qui rend son abord si dramatique et si surprenant. »

 

Arrivée par la mer


« On sent qu'on approche de la terre, on la respire déjà, dans l'air plus suave et plus doux, il y flotte un sombre parfum, monté des profondeurs des forêts, portant l'haleine humide des plantes et des fleurs, cet arôme des tropiques indescriptible, lourd et fermenté, qui nous apporte à la fois l'ivresse et la fatigue... »

 

 

 

 

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Jean-Baptiste Debret 1820

 

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Couple de sauvages

Lery 1578

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Seringueiros

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ecriture Stefan Zweig

         
   

Documents iconographiques issus du site de la bnf "Gallica" http://gallica.bnf.fr/

et du livre "Tipos e aspectos do Brasil" IBGE Rio de Janeiro, 1963

   

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